GUIDE : Ce que les artistes doivent absolument savoir avant de publier leur musique

Dans cet article :

Un micro de studio en avant-plan, et en arrière-plan flou, des documents type contrat, feuille de dépôt SACEM, tampon "Copyright"

Tu fais de la musique, t’écris des textes, tu poses sur des instrus… Mais as-tu vraiment protégé tes morceaux ? Entre les droits d’auteur, les dépôts SACEM, les codes ISRC ou encore les licences de beats non exclusives, il est facile de s’y perdre. Et pourtant, mal gérer ces aspects peut te coûter cher : vol d’œuvre, perte de droits, impossibilité de monétiser ton travail…
Dans cet article, on te donne un guide clair et complet pour comprendre comment protéger ta musique, déclarer tes œuvres, choisir ton distributeur et éviter les pièges des instrus “libres de droits”. Que tu sois artiste indépendant, auteur, compositeur ou beatmaker : ce guide est pour toi.

1. 🎼 Protéger sa musique

  • Pourquoi ? Pour prouver que tu es bien l’auteur et éviter le vol/plagiat.
  • Comment ?
    • 💡 Dépôt auprès de la SACEM (si tu es auteur/compositeur).
    • Ou alternative simple : s’envoyer un enregistrement en lettre recommandée ou utiliser des services comme LaClefDesChamps, CopyrightDepot, etc.

2. 💳 S’inscrire à la SACEM (ou équivalent)

  • Qui est concerné ? Auteurs, compositeurs, éditeurs.
  • Avantages :
    • Toucher les droits d’auteur sur les passages en radio, TV, live, etc.
    • Centraliser les droits sur tes œuvres (avec déclaration de chaque titre).
  • Comment faire ?
    • Frais d’entrée (100€)
    • Dépôt d’au moins 5 œuvres + preuve de diffusion ou partenariat (ou live déclaré).

3. 🏢 S’inscrire à la SCPP ou la SPPF

  • Qui est concerné ? Les producteurs phonographiques (ceux qui possèdent les masters, c’est-à-dire toi si tu finances tes sons).
  • Pourquoi ?
    • Pour toucher les droits voisins (passage radio, TV, diffusions publiques…).
    • Pour obtenir ton préfixe ISRC si tu veux générer toi-même tes codes.
  • SCPP = Majoritairement pour les labels plus établis / majors.
  • SPPF = Pour les labels et artistes indé.
  • Inscription gratuite, mais il faut fournir des preuves de production + catalogue.

4. 📦 Gérer les codes ISRC

  • Tu peux :
    • Les générer toi-même si tu as ton préfixe (via SCPP ou SPPF).
    • Laisser ton distributeur les attribuer (DistroKid, TuneCore, etc.)
  • 💡 Avoir tes propres ISRC te donne plus de contrôle et de longévité si tu changes de distributeur.

5. 💽 Choisir ton distributeur digital

  • Comparatif rapide des plateformes :
    • DistroKid : simple, rapide, illimité pour 1 abonnement/an.
    • TuneCore : paiement par sortie, bon support. illimité pour 1 abonnement/an.
    • iMusician, Wiseband, Spinnup : d’autres options avec différents modèles.
  • ⚠️ Bien lire les conditions (pourcentage, frais cachés, durée du contrat, etc.)

6. 🧾 Penser aux métadonnées et crédits

  • Avant d’uploader :
    • Avoir les infos exactes : titres, auteurs, compositeurs, producteurs, ISRC, UPC, etc.
    • Créditer les collaborateurs (beatmakers, co-auteurs, etc.)

7. 🧠 Déclarer tes œuvres aux bonnes sociétés

  • SACEM (auteurs/compositeurs)
  • SCPP/SPPF (producteurs)
  • SPRE ou autres (pour certaines diffusions)

🎧 Si tu achètes un beat en licence MP3 non exclusive :

Est-ce que tu peux protéger le morceau fini à la SACEM ?

Oui, mais sous conditions.

👉 Tu peux déposer ta version du morceau à la SACEM en tant qu’auteur/interprète de ton texte, de ta topline, de ton arrangement, etc.

Mais attention :

  • Tu n’es pas le compositeur du beat, donc tu ne peux pas prétendre avoir composé la musique.
  • Tu dois déclarer le beatmaker comme co-compositeur si tu veux déposer l’œuvre.
  • Même si tu as payé une licence, tu n’as pas acheté la paternité de l’instru, juste le droit de l’utiliser selon certaines conditions.

💡 Résumé :

ÉlementTu peux protéger à la SACEM ?
Ton texte✅ Oui
Ta topline (mélodie chantée)✅ Oui
Le beat (instrumental)❌ Non, sauf si accord du beatmaker
Le morceau fini (en créditant le beatmaker)✅ Oui

🧑‍⚖️ Et si quelqu’un d’autre a déjà acheté ce même beat (non exclusif) et l’a protégé à la SACEM ?

🤯 Là, c’est le gros piège des licences non exclusives.

Cas 1 : Il a déposé seulement sa version, avec le même beat.

✅ Tu peux toujours déposer ta propre version à la SACEM aussi, tant que vous ne déclarez pas être les seuls créateurs du beat.

👉 Le compositeur (le beatmaker) doit être le même sur les deux dépôts, c’est ce qui compte pour la SACEM.

Cas 2 : Il a déposé le beat comme étant à lui alors qu’il ne l’a pas fait.

❌ Là, on entre dans un conflit potentiel. Il ment sur sa déclaration, et le beatmaker peut le poursuivre.

Cas 3 : Toi, tu veux revendiquer tout le morceau comme 100% toi.

❌ Impossible légalement, car tu ne détiens pas la composition.


📜 Important à retenir :

  • Une licence non exclusive ≠ droit de propriété.
  • Tu partages le droit d’exploiter le beat, mais pas de l’enregistrer à ton nom seul.
  • Si tu veux être 100% safe :
    • Achète une licence exclusive (plus chère, mais t’es seul à l’utiliser).
    • Travaille avec un beatmaker qui fait un contrat de split clair (ex : 50/50 ou autre, sur la compo).

🔐 Exemple pratique :

Tu achètes un beat en MP3 non exclusif → tu fais un son → tu veux le protéger à la SACEM :

Déclaration SACEM type :

  • Auteur : toi (pour les paroles)
  • Compositeur : le beatmaker (tu l’indiques avec ses infos ou pseudo)
  • Partages les pourcentages selon ce que prévoit la licence ou un accord mutuel

💡 Astuce : souvent les licences incluent un pourcentage pré-défini pour le beatmaker à déclarer en cas de dépôt SACEM. C’est écrit en petit dans le contrat.

🆓 Et les instrumentales “libres de droits”, alors ?

🔍 Qu’est-ce que « libre de droits » veut réellement dire ?

Le terme « libre de droits » ne signifie pas que c’est gratuit, ni que tu en es propriétaire.

Il signifie généralement :

  • Tu paies une seule fois (ou parfois rien du tout), et tu peux utiliser l’instru sans payer de redevances à chaque utilisation.
  • Le producteur renonce à toucher des royalties supplémentaires dans les limites du contrat.

Mais :

  • Le producteur reste propriétaire de la composition.
  • Il peut réutiliser, revendre, ou republier l’instrumentale ailleurs.
  • Tu as souvent une licence limitée (par ex : pas d’utilisation commerciale, ou limitée à un certain nombre de streams).

⚠️ Tous les beats « libres de droits » ne sont pas identiques — chaque site/producteur a ses propres règles.


🧾 Peut-on protéger un morceau fait avec une instru « libre de droits » à la SACEM ?

Oui, tu peux protéger ta version du morceau, mais tu ne peux pas te déclarer comme le compositeur du beat.

Pour le dépôt SACEM :

  • Tu déclares ton texte + ta topline comme « auteur ».
  • Tu déclares le créateur de l’instru comme compositeur (s’il est connu), même s’il a marqué “royalty-free”.
  • Si le beatmaker est anonyme ou non joignable : tu peux faire un dépôt seul, mais en cas de litige, tu dois prouver que le beat était bien libre de droits et que tu n’as pas violé ses conditions.

⚖️ Ce que tu peux et ne peux pas faire avec une instru « royalty-free » :

ActionEst-ce permis ?
Enregistrer un morceau perso✅ Oui
Le diffuser sur Spotify/YouTube✅ En général, oui (vérifie les conditions)
Déposer le beat à la SACEM à ton nom seul❌ Non
Monétiser ton morceau✅ Souvent oui, sauf si mention contraire
Revendre le beat ou le revendiquer comme 100% à toi❌ Jamais

💡 Exemples de sites avec beats « libres de droits » :

  • Artlist, Epidemic Sound, Soundstripe, Pixabay Music, FreeBeats.io
  • ⚠️ Chacun a ses propres conditions (personnel vs commercial, besoin d’abonnement, etc.)

🎤 En résumé :

  • « Libre de droits » ≠ « Tu es propriétaire ».
  • Tu peux créer, publier et protéger ta chanson, mais pas le beat lui-même.
  • Reste transparent et clair dans tes crédits, surtout si tu déclares l’œuvre à la SACEM ou sur des plateformes de streaming.

En France, même avec une licence exclusive, tu n’es pas automatiquement propriétaire du beat.

🎼 Le droit d’auteur en France est inaliénable.

Ça veut dire que :

  • Le beatmaker reste toujours l’auteur/compositeur de l’instrumentale.
  • Il ne peut pas céder la paternité de l’œuvre, même s’il te vend une licence exclusive.
  • Il peut céder des droits d’exploitation (diffusion, commercialisation, synchro, etc.), mais pas la qualité d’auteur.

🔑 Licence exclusive = droits d’exploitation étendus, mais pas propriété

Quand tu achètes une licence exclusive, tu obtiens en général :

  • Le droit d’exploiter seul le beat (personne d’autre ne pourra l’utiliser).
  • Une autorisation pour :
    • La distribution illimitée.
    • La monétisation (streams, synchro, concerts, etc.).
    • Modifier ou adapter l’instru dans certains cas.

Mais :

  • Le beatmaker reste l’auteur inscrit à la SACEM, sauf accord écrit très spécifique.
  • Il doit être crédité comme compositeur.
  • Il peut continuer à toucher des royalties SACEM, même si tu as l’exclusivité.

🧠 Pour devenir réellement « propriétaire » du beat, il faut plus qu’une licence :

Tu dois signer un contrat de cession de droits d’auteur :

  • C’est un acte juridique où le beatmaker cède tout ou partie de ses droits patrimoniaux.
  • En France, il est obligatoire de détailler précisément :
    • L’objet de la cession (quel morceau, quels droits).
    • La durée.
    • Le territoire (France, monde, etc.).
    • La rémunération.
  • Même avec ce contrat, l’auteur reste moralement le créateur.

⚖️ En résumé :

Licence exclusiveContrat de cession de droits d’auteur
Tu es seul à utiliser le beatTu peux exploiter le beat comme bon te semble
Le beatmaker reste compositeurIl peut transférer ses droits d’exploitation
Pas de vraie propriété du beatPropriété partielle ou complète possible
Contrat simplifié (BeatStars, etc.)Acte juridique plus formel et détaillé

💡 Ce que tu devrais faire :

  • 🔍 Lire attentivement ta licence exclusive : est-ce une licence d’exploitation, ou une vraie cession de droits ?
  • 📑 Si c’est pour un projet pro (album, synchro, placement), fais rédiger un contrat complet (avec un avocat ou un modèle sérieux).
  • ✍️ Pense à déclarer le beatmaker comme co-compositeur à la SACEM, sauf si vous avez signé une cession claire.

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